Pesticides, révélations sur un scandale français

Publié le par L'envol du Phenix

  1. Pesticides, révélations sur un scandale français
    de Fabrice Nicolino et François Veillerette

  2.  
  3. Éditions Fayard, Mars 2007

    Savez-vous qu'il y a des pesticides dans la rosée du matin sur les fleurs ? Savez-vous qu'il y en a dans l'eau de pluie, à Paris, Rennes, Marseille, Lyon, Bordeaux ? Savez-vous qu'il y en a dans les sources, dans les nappes les plus profondes, dans les sols, dans les pommes, dans le pain ? Savez-vous qu'il y en a dans le sang des nouveau-nés, dans le lait des mères, dans la graisse de nos corps ? Savez-vous qu'il y en a dans l'air intérieur des maisons ?

    Les pesticides sont partout, et leurs molécules s'attaquent directement à la vie des humains et de tous les êtres vivants. Jusqu'au début de 2007, les responsables de ce désastre sans précédent pouvaient dormir tranquillement. Nul ne les connaissait. Grâce à un livre, qui paraît chez Fayard le 1er mars, ce n'est plus le cas.

    Leurs deux auteurs, Fabrice Nicolino et François Veillerette, sont connus et reconnus. L'un est journaliste, l'autre responsable écologiste, ancien président de Greenpeace en France. Ils révèlent, dans le sens le plus fort de ce mot, un système. Un système né après 1945, grâce auquel l'industrie des pesticides a pris le pouvoir, tous les pouvoirs.

    Ce livre donne des noms, tous les noms. Il met en accusation l'Inra et le ministère de l'Agriculture. Il explore une à une les méthodes du lobby, dénonce les congrès « scientifiques » truqués et le rôle direct dans la désinformation de Marcel Valtat, l'homme de l'amiante, celui qui a empêché son interdiction pendant des décennies. Il raconte au passage le sort fait aux Antilles, dont certaines zones sont polluées pour des centaines d'années, et la complicité de très hauts fonctionnaires avec l'industrie dans le terrible dossier du Gaucho.

    Ce livre ne pourra donc passer inaperçu. Mais ceux qui sont accusés se battront, et ils en ont les moyens. Les nôtres sont en comparaison dérisoires. C'est pourquoi nous comptons sur vos forces. Sur votre volonté. Sur votre liberté. Aidez-vous à faire connaître ces vérités cachées. Parlez de ce livre ! Nous avons grand besoin de votre aide.
    Fabrice Nicolino et François Veillerette.

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    Un rapport de l'IFEN de 2006 donne : 200 pesticides sont présents dans nos eaux, 96% des prélèvements dans les cours d'eau, et 61% des prélèvements dans les eaux souterraines sont pollués par au moins un pesticide (p 23).

    Un rapport du ministère de la santé indique en 2003 qu'au moins une fois, de l'eau non conforme aux normes a été distribuée à 9% de la population française, soit à 5 millions de personnes (p 23).

    A Rennes, à la station de mesure des pesticides dans les eaux de pluie, presque tous les échantillons contiennent des molécules actives de pesticides, et 60% d'entre eux dépassent la concentration maximale admissible de 0,1 mg/l pour l'eau de distribution. Les brouillards sont encore plus pollués avec des teneurs atteignant 140 mg/l . D'une manière générale les brumes, les brouillards et la rosée sont de 30 à 60 fois plus chargés en pesticides que la pluie (p 24-25).
    A Paris, les concentrations sont les mêmes que celles observées à 100 kilomètres (p 25).

    En 2005, la Direction Générale santé-consommation de l'Union Européenne révèle que plus de 50% des fruits et des légumes non bio vendus en France contiennent des résidus de pesticides, et 7% dépassent la limite légale (p 25, p 39). Le tout avec plus de 197 pesticides différents dans les 60 000 échantillons analysés (p 43). En revanche tous les échantillons bio se révèlent exempts de la moindre trace de pesticide (NB de PLB : malgré les cours d'eaux et les pluies pollués ? ) (p 39).
    Entre 1999 et 2003, en Europe, le pourcentage d'aliments contenant des résidus de pesticides est passé de 36,3% à 43,5%. En France, en 2005, 23,7% des aliments analysés contiennent plusieurs pesticides (de 2 à 8) (p 39).
    On comprend alors que, selon une enquête d'octobre 2005 de l'autorité européenne de sécurité alimentaire, 76% des français soient inquiets de la présence de pesticides dans leur alimentation (p 43).

    Catégories de pesticides ou autrement nommés produits phytosanitaires : organo-chlorés, organo-phosphorés, carbamates, arsenicaux,…

    La France est le premier utilisateur européen de pesticides, et le troisième mondial après les États unis et le Brésil. En 2004, 76 105 tonnes de pesticides ont été légalement achetées dans notre pays, 2469 d'insecticides (3%), 37174 de fongicides (49%), 26102 herbicides (34%), 10360 de diverses substances actives (14%). L'agriculture utilise 90% des ces produits, le reste étant destiné aux jardins et aux espaces verts (p 27).

    Les pesticides aggravent, lorsqu'ils ne créent pas, les problèmes qu'ils sont censés résoudre. Car ils enrichissent les plantes de sucres réducteurs et d'acides aminés libres qui sont des friandises pour les parasites, selon Jean Marie Pelt (p 335).

    Les vergers, c'est 275 000 ha (1% de la surface agricole utile), dont 20% pour les seules pommiers qui ont 130 matières actives homologuées pour leur traitement (p 28). Une pomme subit entre 21 et 36 traitements (p 17), 27 en moyenne (p 29). Les vergers consomment 4% des fongicides et 21% des insecticides, soit parfois plus de 25 kg/ha/an (p 29).

    Les champignons cultivés reçoivent plusieurs centaines de kg/ha/an (p 29).

    Une forêt française reçoit entre 3 et 8 tonnes de feuilles mortes par an et par hectare selon les régions et les espèces. On trouve dans un mètre carré de terre 260 millions d'animaux (p 30).
    Selon Marcel Bouché, il existerait en France 170 variétés de lombrics, et le lombric joue un rôle méconnu par rapport à l'écosystème. Il y a dans un sol sain 1,1 tonne de lombrics par hectare, 55 kg d'êtres humains, et 2 à 3 kg d'oiseaux ! Les vers représentent 60 à 80% de la masse des animaux de nos écosystèmes, suivis par les micro-organismes et les plantes. Les plantes capturent l'énergie et la transforment. Les micro-organismes et les vers la décomposent. Les vers avaleraient 300 tonnes de terre à l'hectare. Ils contrôleraient les crues en creusant jusqu'à 5000 km de galeries sous chaque hectare, soit en zone méditerranéenne la capacité d'absorber 160 ml d'eau par m2. Mais dans les vignes ou les zones céréalières traitées par les pesticides, ils ont disparu et les inondations sont catastrophiques (p 31-32).

    Là où l'on aborde la question des seuils selon les pays :
    Aux USA, l'agence chargée de la protection de l'environnement, l'EPA, a fixé la dose journalière maximum admissible de dioxine qu'un humain peut supporter à 0,0064 picogramme (10-12 g) par kilo et par jour, ce qui signifie que chaque molécule de dioxine est une menace pour la vie (NB : la dioxine est beaucoup produite dans l'incinération des déchets, la France ayant le plus grand parc d'incinération des déchets d'Europe p 155-156 + le 3 avril 1998, le Comité de la Prévention et de la Précaution du Ministère de l'Environnement Français évalue entre 1800 et 5200 le nombre de morts chaque année provoqués par les dioxines, p 160).
    Pour l'OMS, jusqu'en 1997, le seuil de dioxine était de 1500 fois plus. Il est aujourd'hui de 150 à 600 fois plus, soit entre 1 et 4 pg/kg.
    Les travaux de certains cancérologues montrent que certains toxiques dont les pesticides agissent à des concentrations bien en dessous des seuils de détection. La substance est biologiquement active dès sa concentration la plus faible(p 40-41).
    Or, en France, 278 000 cancers sont diagnostiqués chaque année. Ils ont augmenté de 63% de 1978 à 2000. Un homme sur trois, et une femme sur quatre meurent de cette maladie (p 44).

    Saluons au passage les travaux de médecins, toxicologues, biologistes moléculaires, chimistes illustres comme Dominique Belpomme, Jean François Narbonne, André Cicolella, Gilles-éric Séralini, qui ont osé publier des travaux allant à l'encontre du lobby des pesticides (p 46-52).

    Les problèmes de santé posés par les pesticides, même si le lien de preuve et de causalité est parfois difficile à prouver, sont nombreux et touchent tous les systèmes du corps qui voient la circulation des fluides chimiques. Les pesticides sont des substances cancérigènes posant des problèmes endocriniens (thyroïde, hypothalamus, pituitaire), des problèmes immunitaires (effets immunosuppresseurs), des problèmes neurologiques, cognitifs et neuro-dégénératifs [Parkinson (risque multiplié par 5,6 pour ceux qui sont exposés professionnellement aux pesticides en France p 184. 1,7 selon des études américaines p 292), Alzheimer (risque multiplié par 2,3 idem, risque lié à la présence d'aluminium p 293)], des problèmes hépatiques, des problèmes sanguins (p 72), des problèmes de vision, des problèmes de stérilité, des problèmes cardiaques, des problèmes génétiques, des problèmes congénitaux, des problèmes rénaux, des problèmes gastro-intestinaux, des problèmes respiratoires, des problèmes cutanés (p 85, 175, 181, 186).

    Par exemple, au Danemark, la quantité de spermatozoïdes dans le sperme humain aurait décliné d'à peu près 50% entre 1938 et 1990, tandis que le taux de cancers testiculaires aurait triplé entre 1940 et 1980 (p 173). Or, plusieurs études ont montré le lien entre pesticides et infertilité (p 182-183). Les pesticides provoquent en outre de graves perturbations hormonales, y compris chez les animaux : féminisation des mâles, anomalies des organes reproducteurs, anomalies congénitales, changements comportementaux. La bio-accumulation en haut de la chaîne alimentaire animale ou humaine, peut concentrer les polluants jusqu'à 25 millions de fois (p 175).
    Par exemple, certains types de cancers, très sensibles à l'environnement, explosent. En France, entre 1978 et 2000, le nombre de cancers du sein a augmenté de 97%, et celui de la prostate de 271% (p 176).
    Par exemple, une étude épidémiologique française a montré que le risque de cancer du cerveau est multiplié par 2,58 pour les sujets les plus exposés aux pesticides. Par exemple encore, sur 99 études épidémiologiques américaines concernant le lymphome, 75 indiquent une relation entre la maladie et les pesticides (p 178).
    En Angleterre un lien a été fait par Purdey entre les pesticides organophosphorés utilisés contre le varron et la maladie de la vache folle, la tremblante du mouton et la maladie de Kreutzfeld Jacob, surtout dans un environnement ayant des teneurs élevées en manganèse (le manganèse ayant remplacé le plomb dans les carburants) (p 295).

    Les premières victimes des pesticides sont les agriculteurs et leurs enfants, et pourtant de 1945 à 1995, aucune étude n'a été entreprise en France. En 1984, 20% des exploitants agricoles se plaignaient de troubles liés à l'utilisation de pesticides (p 286-287).

    Dans l'affaire du Gaucho de Bayer, l'apiculture française est dévastée pour des décennies. 10000 apiculteurs ont cessé leur activité et entre 1995 et 2003, la production de miel est passée de 32000 tonnes à 16500 tonnes (p 61). Et idem pour le Régent de BASF (p 62).
    1 nanogramme d'imidaclopride, la molécule active du Gaucho, par gramme de pollen suffit à paralyser une abeille (p 162).

    Dans l'affaire du chlordécone ou du Képone ou du Curlone, produits interdits en métropole, sur les bananes de Martinique on estime en 1997, l'utilisation de 70kg/an/ha de pesticides de 36 sortes différentes (p 81, 84). 75% des 2100 tonnes importées (3% de la consommation française), ont même une famille chimique inconnue (p 85). Les cancers de la prostate sont le double aux caraïbes par rapport à l'Europe (p 86). Les cerveaux de malades atteints de la maladie de Parkinson ont montré qu'ils contenaient davantage de chlordécone que ceux décédés d'autres causes (p 87). Un sixième des terres agricoles de Basse Terre en Guadeloupe (4000 ha) sont contaminées pour des centaines d'années, ainsi que 2/3 des ouvriers agricoles et 1/3 des femmes enceintes (p 89).

    La fécondité des acariens est dopée par les pesticides (p 114). En 1934, en France, 236 espèces étaient classées comme parasites des cultures, dont 140 espèces d'insectes. En 1972, elles étaient 643, dont 278 espèces d'insectes (+ 98%) (p 115).
    Aux USA, les 157 produits de traitements visant à éradiquer la fourmi de feu rouge ont échoué. Malgré 8 millions d'hectares traités dès 1958 sur 9 États, 130 millions d'hectares sur 13 États sont aujourd'hui envahis par la fourmi.

    99% des OGM commercialisés sont des plantes à pesticides. Aux USA, un tiers des variétés de maïs sont OGM, et 90% d'entre elles sont résistantes au Round Up de Monsanto. Et le soja transgénique résistant au Round Up a entraîné aux USA une augmentation des ventes de l'herbicide de 72% entre 1997 et 2002 (p 249).

    Dans l'État indien du Penjab, l'usage des engrais chimiques est passé de 5000 tonnes en 1960-1961 à 1,3 million de tonnes en 1998-1999. De 2001 à 2004, au moins 10 000 paysans de l'Inde se sont donné la mort, souvent en ingurgitant des pesticides, et 100 000 se sont suicidé entre 1993 et 2003. Les rares études publiques entreprises montrent que les fruits et les légumes contiennent souvent de 30 à 50 fois plus de résidus de pesticides que ce qu'autorise une loi inexistante. On peut trouver dans le lait, boisson nationale en Inde, 3000 fois plus de résidus que ne le prévoit la norme (p 276).

    Le programme REACH, chargé en 2003 de réglementer l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les éventuelles restrictions relatives aux substances chimiques, a mis en valeur plus de 100 000 substances chimiques en Europe. Or en 2000, seulement 110 étaient sélectionnées pour une évaluation du risque, et seulement 3 avaient subi une évaluation du risque complète. Après une pression forte des lobbies de la chimie, que reste t-il aujourd'hui ?
    Un système d'information pour 30 000 substances seulement (celles qui représentent un grand volume). Pire encore, une information complète en matière de santé, d'environnement et de sécurité pour seulement 12 500 substances, sachant que les substances extrêmement dangereuses ne seront pas systématiquement signalées sur l'étiquette des articles de consommation (Bio-contact de mars 2007).

    Les pesticides sont depuis le début du 20ème siècle très employés dans toutes les guerres, au début du siècle par les allemands, puis aujourd'hui par les américains, alors que leur usage a été interdit lors du protocole de Genève de 1925 " l'emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires, ainsi que tous liquides, matières ou procédés analogues, a été à juste titre condamné par l'opinion générale du monde civilisé ". Ce protocole n'a jamais été respecté (p 205).

    L'UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes), qui a inventé le concept d'agriculture raisonnée, comprend 19 entreprises adhérentes qui représentent 96% du marché des pesticides (p 210). En août 2006, 1597 exploitations françaises sur les 545 000 (0,3%) se réclamaient de l'agriculture raisonnée, alors que le gouvernement français s'est fixé un objectif de 30% à l'horizon 2008 (p 247).

    Du 26 juin 2005 au 7 juillet 2005, dans l'usine Littorale de fabrication de pesticides de la région de Béziers, a eu lieu un gigantesque incendie qui a généré un nuage noir constitué des émanations de 1720 tonnes de pesticides d'un seul coup. Ce nuage est passé sur Narbonne, Carcassonne, Toulouse. 143 personnes se sont plaintes immédiatement auprès des médecins de la zone de troubles cardiaques, cutanés, pulmonaires. Le sinistre a été déclaré sans risque sanitaire et environnemental…(p 338-339). C'est un peu notre deuxième nuage de Tchernobyl à nous, français.

    Conclusion :

    La France du bonheur: des pesticides et des engrais à haute dose, des médicaments à haute dose, des vaccins à haute dose, du nucléaire à haute dose avec un nuage de Tchernobyl qui s'arrête à la frontière, des ondes électromagnétiques à haute dose, des animaux et des champs nourris avec des boues d'épuration, des incinérateurs à haute dose, de très nombreux salariés exposés à l'amiante et à des lieux de travail toxiques ou cancérigènes, des OGM en forte croissance,…(p 161)

    Un collusion forte entre les lobbys industriels des pesticides, les ministères, les comités spécifiques divers et les administrations françaises, les représentants du monde agricole, les banques, les assureurs et réassureurs, les experts " indépendants " qui font les analyses toxicologiques et les recherches nécessaires pour les homologations.

    " Oui, on a truqué des congrès prétendument scientifiques. Oui, les industriels ont infiltré, et continuent de le faire, les commissions officielles chargées du contrôle des pesticides. Oui, "l'agriculture raisonnée ", que les pouvoirs publics français présentent comme la solution de l'avenir, est une farce, une incroyable manipulation. " François Veillerette, lettre d'info du MRDGF de Janvier-Avril 2007.

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Publié dans Santé

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G
apres le sang contaminé...   peut être un scandale sur les pesticides...Une vrai poison invisible et qui concerne tous le monde sans que personne ,ne le sache !!!
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