Les abeilles en danger

Publié le par L'envol du Phenix


A bien y réfléchir, on s'aperçoit que les abeilles comme les autres insectes "pollinisateurs" sont un maillon essentiel de la chaîne alimentaire, ne serait-ce que vis à vis de notre agriculture.

En effet, la survie ou l’évolution de plus de 80% des espèces végétales dans le monde et la production de 84% des espèces cultivées en Europe dépendent des abeilles ! ( source ).

Cette disparition en masse est fort inquiétante.

Einstein avait dit en son tem
ps : 
" Si l’abeille venait à disparaître, l’humanité n’aurait plus que quelques années à vivre ".

Ci-dessous 2 articles relatifs à ce sujet.

Les abeilles en danger face aux plantes transgéniques


Les organismes génétiquement modifiés seraient à l’origine d'une soudaine mortalité chez les abeilles en Allemagne. Un déclin de 12% des populations a été observé par le Félix Kriechmann, représentant officiel des apiculteurs bavarois. Selon lui, « les abeilles disparaissent sans laisser de traces. La plupart meurent hors de la ruche » peut on lire sur centreinfo.info [1]. Sur la côte est des Etats-Unis, c’est entre 60 et 70 pour cent des populations d’abeilles qui ont disparu, entre autre à cause des pesticides et des OGM. Selon, Manfred Hederer, président de l’Association des Apiculteurs Allemands, les populations ont chuté de 25 pour cent en moyenne dans tous le pays, avec des pics de 80% dans certaines régions.

Les agriculteurs et les scientifiques soupçonnent la toxine Bt, produite par les plantes génétiquement modifiées telles que le maïs Bt. Cette toxine est en fait un insecticide produit par la plante contre un parasite : la pyrale. En effet, cette molécule est produite par tous les organes de la plante tout au long de sont cycle de vie. Les abeilles sont ainsi exposées à cet insecticide sur une longue durée sans que l’on sache ses effets sur leur santé. Le Professeur Hans-Hinrich Kaatz, un zoologiste allemand renommé, à effectué une étude pendant quatre ans qui fait apparaître « que le gène étranger utilisé pour modifier les graines de colza s’était transféré dans une bactérie vivant dans les intestins des abeilles » [2].


Cependant, les études sur le sujets son contradictoires, et les avis des scientifiques divergent. Selon une étude suisse, publiée en décembre 2006, les toxines Bt n’ont aucun effet toxique sur les abeilles. Toutefois, selon cette même étude, « la question de savoir si les abeilles sont menacées par l’utilisation de plantes transgéniques est beaucoup plus pertinente, et mérite d’être prise très au sérieux. En effet, à tous les stades de son développement, l’abeille peut en théorie être en contact avec une toxine contenue dans le pollen » [3].

Il existe deux types d’intoxications [4] : l’intoxication aiguë, qui se traduit par une mortalité importante à court terme des abeilles, à l’intérieur comme à l’extérieur de la ruche (elle peut être due à une exposition ponctuelle a une forte dose d’insecticide) et l’intoxication chronique, qui se traduit à moyen et long terme par un affaiblissement de la colonie. Elle est due à un contact à doses sublétales (comme dans le cas d’une exposition prolongée à la toxine Bt).
Les pesticides dans leur ensemble mettent en danger les insectes pollinisateurs. Selon, Jean-Noël Tasei, chercheur au laboratoire de Zoologie de l’INRA « leur action peut être directe, mais elle est assez souvent indirecte par les résidus déposés sur les plantes, contaminant la nourriture des insectes mellifères : pollen et nectar. Divers symptômes affectent les adultes, la survie des insectes cachant parfois des conséquences sublétales des traitements, affaiblissant leur potentiel de reproduction » [5].

[1] Allemagne : les abeilles malades des OGM ? 1er avril 2007. http://contreinfo.info/article.php3?id_article=769
[2] OGM : Transfert de gènes chez les abeilles. http://www.grainvert.com/article.php3?id_article=467
[3] Aucun effet négatif des toxines BT sur les abeilles. Agriculture-environnement.fr. http://www.agriculture-environnement.fr/AENEW/article.php3?id_article=161
[4] Dépérissement des abeilles. Mortalité des abeilles, faits et chiffres. http://www.jacheres-apicoles.fr/index/chap-dossierda/
[5] Jean-Noël Tasei INRA, laboratoire de Zoologie. Impact des pesticides sur les Abeilles et les autres pollinisateurs. http://www.beekeeping.com/articles/fr/tasei.htm


article trouvé dans le Figaro :

États-Unis : les abeilles victimes d'un mal mystérieux
YVES MISEREY.
 Publié le 02 mai 2007


Le syndrome d'effondrement des colonies (CCD) se caractérise par le fait que les ouvrières ne retournent pas dans la ruche. Un phénomène inexpliqué qui pourrait avoir des origines multiples.

 
LE SYNDROME d'effondrement des colonies d'abeilles, ou CCD (Colony Collapse Disorder), est apparu aux États-Unis à la fin 2006. Selon l'USDA, le département de l'Agriculture, il aurait déjà causé la disparition de la moitié des ruches dans le pays. Les pertes vont de 30 à 60 % en Californie et dépassent 70 % dans certaines régions de la côte est et au Texas, annoncent de leur côté les inspecteurs des ru­chers. Le président de la Fédération des apiculteurs professionnels estime qu'entre un quart et la moitié des adhérents ont observé des pertes correspondant à la description du CCD.
 
Le scénario est chaque fois le même : les ouvrières chargées de collecter le nectar et le pollen sur les fleurs ne reviennent pas dans la ruche. Les abeilles retrouvées mortes au pied de la ruche ou à l'intérieur sont rares. Les réserves de nourriture emmagasinées à l'intérieur tardent à être pillées par d'autres colonies d'abeilles ou d'autres insectes. « Cela peut suggérer la présence d'une substance chimique ou d'une toxine à l'in­térieur de la ruche », soulignent des chercheurs de l'université de Penn­sylvanie, faisant partie des experts chargés d'étudier le dossier.
 
L'origine du CCD reste pour le moment encore une énigme. Parmi les responsables le plus souvent citées, on trouve le varroa, un acarien qui a envahi les ruches du monde entier depuis une vingtaine d'années et qui véhicule avec lui des virus pathogènes. Sinon, il peut s'agir d'une nouvelle maladie inconnue, d'un nouveau champignon ou bien d'une contamination par des pesticides non encore identifiés.
 
D'autres hypothèses sont aussi avancées. Les colonies pourraient être empoisonnées directement par les OGM qui couvrent de vastes superficies outre-Atlantique. « Des études réalisées en Suisse et en Nouvelle-Zélande ont montré que la toxine bactérienne Bt introduite dans les OGM n'a pas d'incidence majeure sur les abeilles », signale toutefois Bernard Vaissière, spécialiste des insectes pollinisateurs à l'Inra (Institut national de recherche agronomique). Sont également accusés le sucre qui sert de substitut alimentaire aux abeilles et qui, fabriqué à partir de plantes transgéniques, pourrait être toxique, ainsi que les antennes relais et les téléphones portables qui pourraient désorienter les insectes...
 
« Ce n'est pas vraiment la ­première fois qu'une telle crise se produit, analyse pour Le Figaro Dennis vanEngelsdorp, de l'université de Pennsylvanie, chargé du contrôle apicole dans le même état. Les populations d'abeilles ont chuté depuis l'introduction du varroa dans les années 1980. Les pertes soudaines d'abeilles comme dans le cas du CCD ne sont pas nouvelles - il y a des comptes rendus là-dessus en 1897 - mais elles n'ont jamais connu une telle ampleur. »
 
Des chercheurs de l'université de Columbia ont analysé des échantillons d'abeilles et de larves collectées dans des ruches touchées par le CCD et ils ont découvert qu'elles étaient contaminées par de multiples micro-organismes. Une telle infection est le signe d'un grave déficit du système immunitaire. « C'est très inhabituel », reconnaissait Diana Cox-Foster, de l'université de Pennsylvanie dans le New York Times (24 avril 2007).
 
Longue polémique
 
« Je ne suis qu'à moitié surpris de ce qui se passe, estime de son côté Bernard Vaissière, qui a longuement séjourné aux États-Unis. Les apiculteurs américains n'ont pas les mêmes pratiques qu'en Europe. Ils ont systématiquement recours aux antibiotiques comme la terramycine pour lutter contre la loque américaine » (maladie causée par un bacille qui infecte les larves, NDLR). « Quel est le laboratoire qui va oser dire ça? », s'inter­roge le chercheur. Les populations d'abeilles sont à ses yeux soumises à très rude épreuve par les apiculteurs nord-américains eux-mêmes. Au printemps, la pollinisation des ­vergers d'amandiers donne aussi lieu à d'immenses concentrations de colonies qui peuvent favoriser la dissémination de maladies.
 
Le contexte est très différent de ce qui s'était passé au début des années 1990 en France. En effet, les apiculteurs français avaient d'em­blée accusé deux insecticides (le Gaucho et le Régent) d'être à l'origine de ce qu'on appelait alors les phénomènes d'affaiblissement des colonies et une longue polémique s'en était suivie. Outre-Atlantique, plusieurs équipes universitaires sont mobilisées autour du CCD. Elles sont soutenues par le ­dé­partement de l'agriculture et les ­apiculteurs et disposent d'outils d'analyses génétiques importants depuis la cartographie du génome de l'abeille.
 
On devrait donc en savoir plus dans les prochains mois. « Si les abeilles touchées par le CCD réagissent aux pesticides, on peut s'attendre à trouver une activité des gènes de détoxification », assure en effet Nancy Ostinguy, de l'université de Pennsylvanie. « Si c'est un pathogène, les gènes en relation avec le système immunitaire devraient être surexprimés », souligne en revanche May Berenbaum, de l'université d'Illinois, citées toutes les deux par New Scientist. On verra si l'imidaclopride (la substance active insecticide du Gaucho), abondamment utilisée par les agriculteurs américains, est responsable du CCD.
 
Plus généralement, on peut aussi espérer en apprendre un peu plus long sur l'origine des diffi­cultés que l'apiculture et, plus largement, l'en­semble des insectes ­pollini­sateurs, connaissent aujour­d'hui au niveau mondial.
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Publié dans Santé

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